La tunisie Medicale - 2018 ; Vol 96 ( n°010 ) : 678 - 687
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Résumé


Contexte: Dans un article publié dans la revue « La Tunisie médicale » en 1972, le Professeur Sleim Ammar, un psychiatre Maghrébin visionnaire, a annoncé que « le suicide est un problème de santé publique » au Maghreb.
Objectifs : Ce travail, vise d’une part à décrire le profil des publications maghrébines indexées dans la base des données Medline, sur la thématique du suicide, durant les quarante dernières années et d’autre part à extraire les spécificités maghrébines de l’épidémiologie et du management du suicide, traceur de la santé mentale maghrébine.
Méthodes: Il s’agit d’une revue systématique de la littérature biomédicale, combinée avec une étude bibliométrique, sur la thématique du « suicide » au Grand Maghreb. Une requête documentaire sensible a été soumise à la base de données Medline, via son interface en ligne, « PubMed », à la date du 16 Mai 2018. En plus de la description des caractéristiques bibliométriques de ces travaux maghrébins, l’analyse de leur contenu a été synthétisée par des tableaux détaillant les faits documentés et les propositions recommandées.
Résultats: Sur un total de 32 articles maghrébins sur le suicide, retenus pour cette revue de littérature, 18 ont été marocains et 13 ont été tunisiens. Les deux tiers d’entre eux ont été publiés à partir de l’année 2010. Le portrait-robot de la recherche maghrébine indexée sur Medline, sur le suicide, a été le suivant: une publication rédigée en langue française, focalisée sur les tentatives de suicide, avec une approche méthodologique mono centrique et descriptive, rédigée par une équipe de psychiatrie et éditée dans une revue africaine « open access ». Les recommandations de ces publications Maghrébines sur le suicide, ont été souvent générales et peu opérationnelles.
Conclusion : La recherche scientifique maghrébine sur le suicide reste peu prolifique et de faible qualité méthodologique. L’orientation de cette recherche vers la prévention primaire du suicide, dans le cadre d’une approche globale de santé publique, serait indispensable pour la promotion de la santé mentale au Grand Maghreb.

Mots Clés
Article


INTRODUCTION
La santé mentale a été, durant toute l’histoire de la médecine maghrébine, une thématique d’intérêt public, pour laquelle des fondations socio-sanitaires y ont été dédiées avec une approche originale d’humanisation et de socialisation des soins (1). Depuis 1972, le professeur Sleim Ammar, un psychiatre maghrébin visionnaire, a annoncé, dans une publication dans la revue « La Tunisie Médicale », que le suicide serait « un problème de Santé Publique » au Maghreb, menaçant l’état de santé de ses populations et l’équilibre de ses systèmes nationaux de santé, nécessitant une vision holistique et globale et une stratégie de lutte universelle contextualisé (2).
Selon un rapport de l’OMS en 2012, plus de 800 000 personnes meurent chaque année dans le monde, en se suicidant, ce nombre est encore beaucoup plus élevé pour les tentatives de suicide et les idées suicidaires (3). Bien que les pays du Maghreb soient relativement protégés contre les conduites suicidaires, pour des considérations spirituelles et sociales (4), la médiatisation du suicide s’est amplifiée au cours des dernières années, en conséquence des transitions sociales, culturelles et politiques. Après le printemps arabe (dont particulièrement tunisien), le suicide est devenu un rituel de révolution sociale, un symbole de révolte psychologique et un indice de la qualité de vie d’une population (5).
Quarante ans après l’appel du Professeur Sleim Ammar, il est temps de faire le point sur l’expertise cumulée, tout au long de l’espace maghrébin, en ce qui concerne les résultats de la recherche biomédicale scientifique, relative à l’épidémiologie des conduites suicidaires, ses particularités cliniques ainsi que l’évaluation des stratégies de leur management. L’abondance et la qualité de cette recherche sur le suicide, dans la littérature biomédicale maghrébine, serait un indice du degré de « responsabilité sociale » des systèmes nationaux de santé au grand Maghreb, en orientant les projets de recherche en santé mentale, vers une approche de santé publique, centrée sur la population, la prévention et l’action intersectorielle. La connaissance des données épidémiologiques, cliniques et managériales sur le suicide serait une condition préalable à la planification d’une stratégie maghrébine de lutte contre le suicide et de promotion de la santé mentale, basée sur les données de la recherche locale, adaptée avec le paradigme communautaire et intégrant les données actuelles de la science.
Ce travail, combinant les deux approches méthodologiques de « bibliométrie » et de « revue systématique de la littérature », vise d’une part à décrire le profil des publications maghrébines indexées dans la base des données Medline, sur la thématique du suicide et d’autre part à extraire les spécificités maghrébines de l’épidémiologie et du management du suicide, traceur de la santé mentale maghrébine.

MATERIEL ET METHODES
Il s’agit d’une revue systématique de la littérature biomédicale, relative aux problèmes de santé mentale au grand Maghreb, à travers la thématique du « suicide », prise en tant que traceur des spécificités épidémiologiques, cultuelles et managériales de la pratique psychiatrique maghrébine. Cette étude a concerné tous les articles indexés dans la base de données « Medline », de cinq pays du Maghreb (Algérie, Lybie, Mauritanie, Maroc et Tunisie), en langue française et anglaise, et sans aucune limite de période.
Une requête documentaire, combinant, avec l’opérateur booléen (AND), un bloc des noms des pays du Maghreb, en langue Française ou Anglaise (associés entre eux par l’opérateur booléen OR), avec le descripteur « suicide » (en tant que mot clef « Mesh »), a été soumise à la base de données Medline, via son interface en ligne, « PubMed », à la date du 16 Mai 2018 (encadré n°1).

Les publications retenues pour cette revue de littérature ont été sélectionnées, en se référant aux deux critères suivants:
1.    L’affiliation maghrébine du premier auteur, signataire de la publication, à une structure de soins, ou d’enseignement ou de recherche dans l’espace maghrébin;
2.    La primauté du « suicide », selon son cadre nosologique biomédical (idée suicidaire, tentative de suicide, suicide abouti), en tant que thème principal de la publication.
Ont été exclus de notre travail synthétique, d’une part les études conduites sur les populations maghrébines émigrées dans des pays étrangers et d’autre part, les articles portant sur des sujets conceptuellement différentiels du cadre de référence biomédical du suicide, indépendamment de son indexation par le descripteur Mesh « suicide ».
Les données des notices bibliographiques « Medline » de ces articles ont été saisies sur le logiciel SPSS version 22, pour une analyse statistique des caractéristiques bibliométriques. Les textes intégraux de tous les papiers captés et retenus, ont été lus par deux résidents de médecine (un en Psychiatrie et un en Médecine Préventive et Communautaire), pour l’extraction des principaux résultats et recommandations essentielles. En cas de divergence de catégorisation d’un article, l’avis de l’investigateur principal de l’étude (professeur de Santé Publique) a été déterminant.
Après une synthèse bibliométrique des caractéristiques des publications maghrébines sur le suicide, des tableaux synthétiques présenteront les outputs de cette recherche selon les deux axes suivants: les faits documentés et les propositions recommandées.

RESULTATS
A la date de consultation (mai 2018), la requête documentaire interrogeant la base des données Medline, à propos des publications maghrébines relatives à la thématique du « suicide », a permis d’identifier 73 articles, dont seulement 32 ont été retenus pour cette revue de littérature, conformément aux critères d’inclusion prédéfinis (figure n°1)
Les articles sélectionnés ont été essentiellement marocains (18 publications) et tunisiens (13 d’entre eux). Aucune publication libyenne ou mauritanienne n’a été indexée dans la base Medline, sur la thématique du suicide. Si le premier article maghrébin, sur le suicide, indexé dans la base Medline a été édité en 1972, les deux tiers des publications maghrébines sur cette thématique de santé mentale, ont été publiées à partir de l’année 2010. Le portrait-robot de la recherche maghrébine indexée sur Medline, sur le suicide, a été le suivant: une publication rédigée en langue française, focalisée sur les tentatives de suicide, avec une approche méthodologique mono centrique et descriptive, rédigée par une équipe de psychiatrie et éditée dans une revue africaine « open access » (tableau I).
En plus de la thématique de « tentative de suicide », les publications biomédicales marocaines se sont intéressées à l’exploration des « idées suicidaires » alors que celles tunisiennes se sont préoccupées de « suicide abouti ». Les tableaux II-V récapitulent les résultats (faits et recommandations) d’une quarantaine d’années de recherche maghrébine (tunisienne et marocaine) sur les conduites suicidaires (idées suicidaires, tentatives de suicide, suicide abouti) dont les particularités épidémiologiques et cliniques sont représentées au tableau VI. En ce qui concerne les tentatives de suicide, les recherches tunisiennes et marocaines ont été concordantes sur un profil épidémiologique dominé par le sexe féminin, le milieu urbain et un statut familial de célibat ainsi que sur un tableau clinique marqué par une co-morbidité dépressive et une modalité d’acte dominée par la prise des produits toxiques. La recherche marocaine sur les idées suicidaires a conclu à une prédominance auprès des femmes adultes citadines, de faible niveau socio- économique avec une histoire anxieuse. Quant à la recherche tunisienne sur le suicide abouti, elle a confirmé le « case mix » suivant : masculin, urbain, célibataire, au chômage, avec une co-morbidité psychotique et dépressive et utilisant comme moyen de suicide la pendaison et l’immolation.

 

Figure n°1 : Flux de sélection des publications maghrébines indexées dans la base « Medline », sur la thématique du « suicide »
Tableau I: Caractéristiques bibliométriques de 32 publications maghrébines indexées dans la base de données bibliographiques « Medline », portant sur le suicide

 

Maroc

(n=18)

Tunisie

(n=13)

Algérie

(n=1)

Total

(n=32)

Type d’étude 

 

 

 

 

 

Rétrospective

8

6

0

14

 

Etude de cas

5

2

1

8

 

Transversale

4

3

0

7

 

Prospective

1

1

0

2

 

Pas d’étude

0

1

0

1

Collaboration

 

 

 

 

 

Nationale (interservices)

Aucune

9
9

4
9

1
0

13
19

Focus de l’étude 

 

 

 

 

 

Tentatives de Suicide

14

8

0

22

 

Suicide

0

5

1

6

 

Idées suicidaires

4

0

0

4

 

Approche philosophique

0

1

0

1

Langue de rédaction 

 

 

 

 

 

Français

Anglais

12
6

6
7

0
1

18
14

Année de publication 

 

 

 

 

 

[1970 – 1980[

[1980 – 1990[

[1990 – 2000[

[2000 – 2010[

[2010 – Mai 2018[

0
0
2
4
12

2
1
0
2
8

0
0
0
0
1

2
1
2
6
21

Spécialité

 

 

 

 

 

Psychiatrie

4

7

0

11

 

Médecine légale

0

6

0

6

 

Réanimation

4

0

0

4

 

Médecine Communautaire et Préventive

3

0

0

3

 

Toxicologie

1

0

1

2

 

Autres

6

0

0

6

Revues

 

 

 

 

 

Pan African Medical Journal

6

0

0

0

2

10

0

4

2

2

0

5

0

0

1

0

0

0

6

4

3

2

2

15

 

La Tunisie Médicale

 

Forensic Science International

 

L’Encéphale

 

Presse Médicale

 

Autres

Auteurs

 

 

 

 

 

Moncef Hamdoun

0

0

2

0
16

3

3

0

2
5

0

0

0

0
1

3

3

2

2
22

 

Lotfi Gaha

 

Nabil kanjaa

 

Mehdi Ben Khelil
Autres


Tableau II : Synthèse de faits et des recommandations des publications marocaines indexées dans « Medline », portant sur
Les idées suicidaires

 

Références

Constats

Recommandations

 

 

 

(6)

Fréquence des idées suicidaires : 5,3% dans la population (prédominance des femmes).

Elles restent encore sous diagnostiquées

Formation adéquate des médecins et établissement de programmes éducatifs.

(7)

La prévalence d’idées suicidaires a été de 27% chez les patients atteints de schizophrénie. 40% avaient un syndrome dépressif associé ou une pleine conscience angoissante de leur maladie.

Recherche active des idées suicidaires chez les patients atteints de psychoses.

Non sous-estimation de la facilité de passage à l’acte (Tentatives de Suicide souvent violentes)

(8)

Prévalence des idées suicidaires dans la population générale est de 6,3% dont 2,1% ont fait une Tentative de Suicide.

Association positive au célibat, au suivi pour une pathologie psychiatrique, et à l’absence d’enfants.

Mise en place d’un programme national de santé mentale au Maroc

(9)

15,6% des élèves du lycée et du collège avaient des idées suicidaires dont 6,2% ont déjà fait une Tentative de Suicide. Association significative au sexe féminin, au faible revenu familial, au collège, au milieu urbain et au divorce des parents.

Nécessité d’un programme de prévention du suicide.

Autres recherches sur les comportements suicidaires des adolescents


Tableau III : Synthèse de faits et des recommandations des publications tunisiennes indexées dans « Medline », portant sur
Les tentatives de suicide (TS)

Références

Constats

Recommandations

 

 

 

(10)

L’âge jeune, le célibat, le chômage et l’appartenance à une famille nombreuse sont des facteurs de risque de TS.

Les 2/3 des TS se font l’après midi

Considérer le suicide comme étant un problème de santé publique en Tunisie

(11)

Le nombre de TS entre 1967 et 1969 (3 ans) a représenté 73% du nombre des TS des 12 années entre 1958 et 1969.

Les ¾ ont été des femmes et 81,5% avaient moins de 30 ans.

Faire bénéficier la femme, surtout jeune, d’une attention particulière de la part des professionnels de santé (population à haut risque).

 

(12)

32% des patients atteints de schizophrénie ont déjà fait au moins une TS.

Les raisons ont été le syndrome dépressif, les TS réactionnelles, et les TS psychotiques.

Prévenir les TS chez les schizophrènes par un diagnostic précoce de la maladie, la réduction des symptômes positifs et extrapyramidaux, la lutte contre le tabagisme et l’amélioration de l’observance thérapeutique.

(13)

Le niveau de cholestérol total a été bas chez les patients atteints de schizophrénie ayant récemment commis une TS. Il persiste assez bas longtemps après l’acte.

Considérer le cholestérol comme un des marqueurs biologiques définissant le risque suicidaire chez les patients schizophrènes.

(14)

Le profil de l’élève et de l’étudiant suicidant a été le suivant : une jeune fille ayant des difficultés scolaires et des troubles de l’adaptation, accomplissant sa TS de façon impulsive, à domicile, par ingestion médicamenteuse.

Améliorer la communication intrafamiliale et la généralisation des cellules d’écoute dans les établissements scolaires et universitaires.

(15)

Les suicidants à répétition ont représenté 42% de l’ensemble des suicidants de cette étude. Une histoire et une morbidité psychiatrique plus lourde, ainsi qu’une fréquence plus élevée des facteurs sociaux et événementiels ont été retrouvées.

Concentrer les efforts de prévention sur les primo-suicidants qui présentent un risque plus élevé de récidive suicidaire, et ce en se focalisant sur les facteurs psychosociaux, environnementaux et les antécédents psychiatriques.

Recommander une approche d'intervention multidisciplinaire à grande échelle.


Tableau IV: Synthèse de faits et des recommandations des publications marocaines indexées dans « Medline », portant sur
Les tentatives de suicide (TS)

Références

Constats

Recommandations

 

 

 

(16)

Plus de 60% des intoxications volontaires au phosphure d’aluminium ont été mortelles, avec des séquelles plus ou moins graves pour les survivants.

Lutter et sensibiliser contre l’utilisation du phosphure d’aluminium à but suicidaire.

Instauration d’une réglementation stricte de son utilisation du phosphure d’aluminium.

(17)

Description clinique et biologique de l’intoxication aux organophosphorés.

Recourir à un large programme de prévention pour informer le public et les autorités du danger des organophosphorés.

(18)

Bilan lésionnel de 15 tentatives de suicide par défenestration hospitalisés en orthopédie. Sexe ratio de 1,5

Prise en charge orthopédiques et de rééducation physique des TS.

(19)

2% des intoxications au charbon à glu étaient des TS.

Conduire d’autres études afin de fournir des données sur l'ampleur exacte de l’intoxication au charbon à glu, sur sa distribution et sur les facteurs de vulnérabilité.

 

 

(20)

Les TS chez les moins de 16 ans ont été comme suit : 94% des filles, 54% TS médicamenteuse, et surtout suite à des conflits familiaux.

Sous-estimation des résultats devant le tabou social et religieux.

Sensibiliser la population quant aux dangers de certaines plantes, plus particulièrement pour les enfants.

 

 

(21)

Le profil du suicidant par la Peganum harmala L (plante médicinale) a été le suivant : femme d’un milieu urbain.

L’aspect clinique et thérapeutique primait sur le social et facteurs de risque.

Mener des campagnes de sensibilisation pour informer sur le risque toxique potentiel de l’usage traditionnel de cette plante (Peganum harmala L).

Sensibiliser les professionnels de santé sur cette intoxication

 

 

(22)

Avant 1991 : manque de recensement et sous-estimation des cas d’intoxications.

1991 : augmentation de la fréquence suite à la mise en place du centre anti poison et pharmacovigilance.

Après 1996 : mise en place d’une campagne de sensibilisation d’où diminution de la fréquence des cas.

La Paraphénylène était le produit le plus pourvoyeur de séquelles et le plus mortel utilisé.

Interdire l’importation et la vente de la paraphénylène diamine Familiariser les professionnels de santé avec le tableau clinique et le danger potentiel de cette intoxication.

Fournir des analyses détaillées de chaque produit.

(23)

Recensement de 2469 cas de TS par ingestion de pesticide. 

Majorité de femmes (72%) adultes (68%) issues d’un milieu urbain (65%). 2 pics en 2012 (520 cas) et 2013 (520 cas)

Renforçer les campagnes de sensibilisation, l'éducation et la communication sur la TS dans toutes les régions du Maroc.

 

(24)

54% récidivaient leur TS (dont 2 décès).

Les personnes ayant commis une TS représentaient un groupe à risque de récidive suicidaire.

Diagnostiquer et traiter efficacement les affections psychiatriques associées chez les suicidants, avec un suivi régulier et un accompagnement après le geste suicidaire.


Tableau V : Synthèse de faits et des recommandations des publications tunisiennes indexées dans « Medline », portant sur
Le suicide abouti

Références

Constats

Recommandations

 

 

 

(25)

53,6% des suicides par immolation après la révolution (en l’espace de 4 ans).

L’effet du suicide mimétique a fait que l’immolation est devenue la deuxième cause de suicide en 2016.

un meilleur suivi de la santé mentale, en améliorant les conditions sociales et économiques et lutte contre les disparités sociales.

Une bonne gestion médiatique des cas d'auto-immolation, évitant la surexposition et la glorification de celles-ci.

(26)

69% des cas de suicides d’enfants et d’adolescents utilisaient la pendaison comme moyen.

Les suicides ont été associés aux conflits familiaux, les weekends, les après-midi entre midi et 18h et le printemps.

Formation des parents, des enseignants et des médecins à détecter un enfant vulnérable.

Consolider le système de soutien social pour réduire le risque de suicide.

Mettre accent sur le rôle des médias dans la prévention du suicide.

Mise en œuvre de lois et de règlements spécifiques concernant la distribution, le stockage et la manipulation de divers pesticides

(27)

Le nombre de suicides par immolation a triplé après la révolution (effet de mimétisme : médiatisation++) avec d’avantage de suicides dans des endroits publics.

Eviter la médiatisation du suicide (cf recommandations de l’OMS 2008).

Optimiser le rôle des organisations de jeunesse dans la supervision des jeunes.

Mise en place de thérapies comportementales et cognitives pour aider les victimes à développer des habilités de résolution de problèmes et d’adaptation.

Mettre l'accent sur la réalisation d'interventions sociales et macroéconomiques visant à promouvoir l'équité sociale, notamment en améliorant les possibilités d'emploi, en encourageant l'esprit d'entreprise et en réduisant la pauvreté

(28)

63% des cas de suicide ont été observés lors des trois ans suivant la révolution versus 37% avant (le suicide a augmenté de 26% et le moyen « immolation » a triplé). Association significative du suicide avec le chômage, un endroit public, et la pendaison.

Eviter la médiatisation du suicide (cf recommandations de l’OMS 2008).

Développer les compétences de vie surtout chez les jeunes: développement culturel, sportif, économique et la vie associative ainsi qu’une meilleure autonomisation des jeunes.

Encourager, à travers les associations l’entrepreneuriat social et économique

Détection des personnes à risque dans les écoles et le travail.

Amélioration de l'économie nationale, du bien-être social et la réduction du taux de chômage


Tableau VI: Particularités épidémiologiques et cliniques des conduites suicidaires selon les publications maghrébines indexées dans « Medline »

 

Maroc

Tunisie

Idées suicidaires

(4 articles)

Tentative de Suicide

(14 articles)

Tentative de Suicide

(8 articles)

Suicide

Abouti

(5 articles)

Données épidémiologiques

 

Sexe

Féminin

Féminin

Féminin

Masculin

 

Age

Adultes

Adultes

 

Adultes

 

Milieu

Urbain

Urbain

Urbain

Urbain

 

Situation maritale

Célibat

Célibat

Célibat

Célibat

 

Motifs du suicide :

 

 

 

Maladie mentale

Conflits

Maladie mentale

Conflits

 

Population à risque

bas niveau socio-économique

 

Chômage

Chômage

Caractéristiques cliniques :

 

Forme dominante

 

Toxiques

 

Toxiques

Médicaments

Pendaison

Immolation

 

Co morbidité psychiatrique

troubles anxieux

Dépression

Psychose

Dépression

Psychose

Dépression

 

Utilisation de substances

Drogues

 

Alcool

 


DISCUSSION
Le suicide, un phénomène touchant tous les pays du monde à des degrés divers, a connu une expansion croissante depuis la fin du 19ème siècle, date à laquelle il a été déjà qualifié de « phénomène social » (29). Selon le rapport de l’OMS de 2012, le suicide a été la cause de 1,4% des décès dans le monde (3). Au Grand Maghreb, une croissance rapide de ce phénomène, a été enregistrée, en conséquence de deux facteurs essentiels : la désorganisation sociale (responsable d’autres maladies mentales) et le « printemps arabe » (30). En effet, le changement socio politique, baptisé « printemps arabe » a transformé le suicide en une forme de protestation sociale et de révolte psychologique, reflétant l’état de santé mentale précaire de la population (28). Ceci pourrait être expliqué par l’effet du suicide mimétique (ou l’effet « werther ») qui pourrait être minimisé par un contrôle de la couverture médiatique (31), jouant un rôle dans la prévention du suicide (« l’effet papageno ») (32).
Les limites de l’étude :
La première limite de cette étude est liée à l’unicité de la base des données bibliographiques consultée (Medline), excluant par conséquent les papiers indexés dans d’autres bases européennes (ex : Embase) ou française (ex : Pascal) ainsi que la littérature publiée dans de revues non indexées et particulièrement la littérature grise. La recherche psychiatrique est souvent rapportée sous format des thèses d’exercice, des communications orales et affichées dans des congrès scientifiques, des rapports médico-administratifs…). Cependant, cette restriction sélective des publications indexées dans la base Medline, a néanmoins l’avantage de ne retenir que des travaux d’une qualité minimale garantie. Une autre limite méthodologique serait liée à l’absence de publications mauritaniennes et libyennes, et la pauvreté des publications algériennes, attribuées beaucoup plus à la politique générale de santé et de recherche dans ces pays et à leurs cultures dominantes, plutôt qu’au diagnostic des conduites suicidaires.
Cette étude a montré que le suicide a constitué un sujet de préoccupation de la recherche médicale maghrébine tout au long de quatre dernières décennies. Cette constance des publications assez régulières sur cette thématique serait un indice de la priorité des problèmes de la santé mentale, en tant qu’une composante de la charge globale de morbidité dans les pays du Grand Maghreb. Après les mouvements sociaux du « printemps arabe » de l’année 2011, la thématique de suicide a connu un regain d’intérêt (plus des 2/3 des publications entre 2010 et 2018). Malgré son caractère « tabou » pour des considérations essentiellement religieuses (5), au Grand Maghreb, on assiste depuis quelques années à une focalisation médiatique exagérée sur le phénomène du suicide (32), rapportant avec détails l’acte, le moyen et l’histoire derrière l’acte suicidaire. Cet intérêt médiatique, qui aurait, à priori, pour objectif primaire de dénoncer l’acte suicidaire et de sensibiliser la population contre cette pratique, a paradoxalement créer une attitude générale de banalisation et « d’accommodation » à ce phénomène. Le suicide est devenu par conséquent, chose courante dans le quotidien des « news » des maghrébins et les personnes vulnérables ont tendance à s’identifier aux profils des suicidants rapportés par les médias (31–33).
Par ailleurs les publications maghrébines sur le suicide ont couvert globalement les trois phases du suicide à savoir : les idées suicidaires (les populations cibles de ces travaux étaient soit des élèves et des étudiants, soit la population générale fréquentant les centres de soins de santé de base), les tentatives de suicide (la grande majorité de ces études ont concerné des patients porteurs de troubles psychiatriques, consultant les urgences psychiatriques ou de médecine générale) et les suicides aboutis (tous les travaux sur le suicide abouti étaient fait par des médecins légistes en post mortem).
La recherche maghrébine sur le suicide a été caractérisée par la concordance de ses résultats et de ses recommandations, confirmant une homogénéité inter pays de ses conclusions générales. En effet, tous les résultats ont convergé vers le fait que le suicide serait un problème de santé publique maghrébin, en augmentation continue et constante pendant le demi-siècle écoulé, avec une expansion rapide depuis le printemps arabe, particulièrement en Tunisie. Les idées suicidaires étaient surtout associées à l’âge jeune (surtout l’adolescence), le sexe féminin, les difficultés intrafamiliales et le célibat. Pour les tentatives de suicide, le profil suivant a été retrouvé : femme jeune ou adolescent, ayant des difficultés relationnelles intra et extrafamiliales, issues d’un milieu urbain, et utilisant comme moyen d’auto-agression l’ingestion de toxiques ou parfois des médicaments. Pour le suicide abouti, il s’agissait plutôt d’un homme d’âge indifférent, ayant des antécédents de dépression ou de psychose, au chômage et utilisant des moyens qualifiés de « violents » (pendaison, immolation, défenestration…). Les antécédents personnels de tentative de suicide étaient significativement associés au suicide abouti et aux tentatives de suicide. Les stratégies recommandées, durant les 40 ans de publications maghrébines sur le suicide, étaient souvent générales, vagues, et d’efficacité non prouvée. Leurs pratiques étaient parfois peu adaptées aux contextes locaux. L’efficacité des stratégies mises en place n’étaient que rarement évaluée (2 articles).
Cependant, la pénurie des publications maghrébines sur le suicide (moins qu’un article par an) a été inattendue par rapport à un phénomène social et médiatisé, ayant pris beaucoup d’ampleur ces dernières années, le ramenant au centre de toutes les maladies mentales. Bien que les trois phases du suicide aient été couvertes par les publications maghrébines, la grande majorité de ces publications s’intéressaient aux tentatives de suicide plutôt qu’aux idées suicidaires. L’attention du clinicien maghrébin est donc détournée vers la période de « post TS ». Au meilleurs des cas, les éventuelles interventions de lutte contre le phénomène qui pourraient être mises en place seraient soit clinico-thérapeutiques, soit des stratégies de prévention ciblées ou sélectives et limitées à des populations restreintes. L’analyse épidémiologique reste, par ailleurs, focalisée sur l’ampleur du phénomène, sur ses facteurs étiologiques, et sur la prise en charge clinique et thérapeutique. Il s’agit d’études faites par des cliniciens, psychiatres ou autres, à l’échelle de l’hôpital pour la plupart, et avec des recommandations surtout de prise en charge individuelle. Dans les pays développés, des approches différentes de l’étude du suicide, basées sur la médecine communautaire et globale ont été adoptées (34).
La rareté d’études ayant une approche méthodologique multicentrique avec une vision de santé globale holistique, décortiquant le phénomène dans ses différents aspects (social, familial, épidémiologique, clinique, économique, psychologique et même politique), a caractérisé la production scientifique maghrébine sur la thématique du suicide. Cette approche descriptive et mono centrique est retrouvée dans la majorité des revues sur le suicide issues des pays en voie de développement (35–37). L’absence de registres nationaux de suicide dans les pays du Maghreb a constitué un handicap majeur pour le recensement, le suivi et l’élaboration de programmes de santé spécifiques de lutte contre ce phénomène. Grâce à ces registres, des interventions centrées sur la prévention des tentatives de suicide et des idées suicidaires pourraient être mises en place. De telles interventions se sont avérées parfois efficaces pour les populations indigènes des pays développés (38).
Au terme de ce travail sur l’état des publications maghrébines portant sur le thème du suicide, ayant documenté la pénurie des données épidémiologiques, cliniques et managériales, la mise en place et le renforcement des structures de recherche spécifiques à cette thématique seraient une priorité nationale dans tous les pays du Maghreb. L’intérêt accordé à la santé mentale d’une manière générale et au suicide d’une manière spécifique, après la prise de conscience de l’ampleur du phénomène et de ses conséquences sociales et économiques suite au « printemps arabe », devrait être appuyé sur le plan méthodologique. En effet, le recentrage des efforts de recherche, sur des études prospectives et comparatives focalisées plutôt sur les idées suicidaires que sur les tentatives de suicide, serait nécessaire. il est grand temps que la région du Maghreb adopte une nouvelle approche de « psychiatrie préventive » globalisante et multicentrique, collaborant avec tous les intervenants de la santé publique, sur les axes de la promotion des compétences de vie, de dépistage des populations à risque de maladies mentales, d’éducation thérapeutique et de soutien social des personnes vulnérables.
La mise en place d’une école maghrébine du suicide serait indispensable d’une part pour l’organisation des formations certifiantes et diplômantes sur la thématique du suicide, des professionnels de santé (renforçant leurs compétences cliniques, relationnelles et gestionnaires dans le management du problème de suicide) et d’autre part pour le réseautage des spécialités du collège de santé communautaire sur un projet commun de prévention du suicide, centré sur le développement des capacités d’adaptation et d’accommodation chez les enfants et les adolescents.
Un observatoire maghrébin de recherche sur les conduites suicidaires, pilotant des études populationnelles de grande taille sur tout l’espace Maghrébin afin de suivre ses tendances épidémiologiques et évaluer ses stratégies de prévention, est une mesure à inscrire sur l’agenda des décideurs de santé publique au grand Maghreb, pour l’homogénéisation des visions et l’harmonisation des approches en santé mentale.
Enfin, malgré l’importance du suicide (traceur des maladies mentales) dans la charge globale de morbidité au Grand Maghreb, particulièrement en post printemps arabe, la recherche scientifique maghrébine sur ce sujet reste peu abondante, et de faible niveau de preuve. La prévention primaire de ce phénomène n’a pas mobilisé assez les équipes de recherche maghrébines, encore orientées, en conséquence d’une approche biomédicale dominante, vers les aspects cliniques de gestion des tentatives de suicide et légaux d’investigation des suicides aboutis. La thématique du suicide, est certes un traceur des maladies psychiatriques, mais aussi une locomotive de planification, d’implémentation et d’évaluation des programmes de promotion de la santé mentale en faveur de la population maghrébine.

 

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