La tunisie Medicale - 2016 ; Vol 94 ( n°010 ) : 632
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Article

Le milium colloïde juvénile est une dermatose des zones photo-exposées, parfois familiale, à transmission autosomique récessive [1,2]. Il est admis que l’exposition solaire induit des anomalies kératinocytaires avec production d’une substance colloïde qui s’accumule dans le derme papillaire avec apparition secondaire de papules translucides [1]. Le pronostic est généralement bon et est essentiellement esthétique [1]. Seuls une vingtaine de cas ont été rapportés dans la littérature depuis 1960 [2]. But : illustrer un cas de milium colloïde juvénile familial.

Observation
Un jeune homme, âgé de 16 ans, ouvrier agricole dans une région rurale de Kasserine (Centre-ouest de la Tunisie), issu d’un mariage consanguin du premier degré et sans antécédents pathologiques particuliers, a consulté pour de multiples papules translucides peu prurigineuses du visage. Les lésions sont apparues à l’âge de 6 ans et ont une évolution saisonnière, avec exacerbation estivale, lors de laquelle elles augmentent en taille et en nombre. En saison non ensoleillée, les papules sont discrètes et peu symptomatiques. Les parents du jeune homme étaient indemnes. Parmi les trois frères et quatre soeurs du patient, deux garçons et une fille avaient la même symptomatologie depuis l’âge de 6-7 ans. L’examen dermatologique a montré de multiples papules translucides, reposant sur une peau non inflammatoire, et dont la taille variait de 1 à 2 millimètres. La pression exercée sur certaines papules laissait sourdre un liquide gélatineux jaunâtre. Ces papules siégeaient exclusivement au niveau de la face : front, sillons nasogéniens, pommettes, versant cutané de la lèvre supérieure, épargnant partiellement les paupières (Fig. 1a et 1b). Le reste du tégument était indemne, notamment les dos des mains et le décolleté. Le reste de l’examen clinique était sans particularité. L’examen histologique d’une papule a montré une vacuolisation des kératinocytes, avec, au niveau du derme papillaire, la présence d’une substance amorphe éosinophile bien limitée (Fig 2). La coloration au rouge Congo était non contributive. Cet aspect clinique et histologique était celui d’un milium colloïde juvénile. Une photoprotection était préconisée chez le patient.

Conclusion
Le mode de transmission de la maladie chez notre patient semble autosomique récessif. Les cas familiaux, comme dans la famille de notre patient, sont exceptionnellement rapportés. L’évolution par poussées estivales et le siège au niveau de la face, sont des arguments en faveur du caractère photosensible de cette dermatose. L’histologie permet d’éliminer les autres diagnostics différentiels : l’amylose par la négativité de la coloration au rouge Congo, et le pseudo-milium colloïde, qui est acquis, avec dégénérescence des fibres élastiques. Les divers traitements utilisés pour cette pathologie bénigne (dermabrasion, cryothérapie, exfoliants) semblent peu efficaces. La photoprotection stricte est nécessaire.

 

Références
  1. Denguezli M, Ghariani N, Kourda M, Belajouza C, Chebil F, Riahi B, et al. Milium colloïde juvénile. Ann Dermatol venereol 2002;129:1386-8.
  2. Martorell-Calatayud A, Balmer N, Sanmartin O, Botella-Estrada R, Requena C, Guillen- Barona C. Familial juvenile colloid milium: report of a well documented case. J Am Acad Dermatol 2011;64:203-6.
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Enfant traitement Chirurgie pronostic diagnostic Tunisie Maladie de crohn Cancer Cancer du sein dépistage Coelioscopie Immunohistochimie échographie Ostéoporose prévention
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